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Le rapport entre la pensée historique et la conscience historique

01 Déc

Dernièrement, Catherine Duquette, nouvellement professeur à l’Université du Québec à Chicoutimi, déposait sa thèse de doctorat sur « Le rapport entre la pensée historique et la conscience historique « .

Sa question :

« Étant donné le rapport probable entre la conscience historique et la pensée historique, dans quelle mesure est-il possible de constater empiriquement, l’influence des aspects de la conscience historique sur le développement de la pensée historique des élèves et, inversement, des aspects de la pensée sur la conscience?  » (Duquette 2011)

Dans les prochaines semaines, je ferai plusieurs articles qui présenteront les recherches de Catherine Duquette.

Article 1:

– Les définitions opératoires de la pensée et de la conscience historique

Article 2:

– L’escalier de Penrose ou le cheminement de la conscience historique

– Les stades de la conscience historique

Article 3:

–  La taxonomie de Duquette

– Les opérations intellectuelles de la pensée historique selon le stade de conscience historique

Article 4:

– L’empathie historique

Article 5:

– L’élaboration d’une grille d’évaluation et de son utilisation en classe

 Les définitions opératoires de la pensée et de la conscience historique

 La pensée historique

Qu’est-ce que la pensée historique? En fait, comme Duquette le mentionne, il n’existe pas de définition universelle qui rallie la communauté scientifique. Cette dernière suggère qu’il s’agit d’un processus, mais ses membres ne s’accordent pas sur les opérations intellectuelles qui le composent. Dans certains cas, il semblerait même qu’il y ait une confusion entre les opérations intellectuelles propres à la pensée historique et celles qui sont le résultat de ce travail. Plus encore, certains parlent uniquement de perspective historique, alors que d’autres misent davantage sur la démarche historique, et ce, sans oublier ceux qui privilégient l’amalgame de ces deux réalités. Finalement, certains indiquent aussi que la pensée historique n’est que le synonyme de conscience historique.

Pour sa part, Duquette, et ce, après avoir fait le tour de la littérature scientifique sur le sujet, définit la pensée historique comme ceci :

« La pensée historique sera comprise dans le cadre de cette recherche comme un processus, une suite d’opérations propres à l’histoire visant à répondre à un problème précis par une interprétation prudente des sources et des traces laissées par le passé. Elle se compose de deux éléments principaux : la perspective et la démarche historiques. Ces deux éléments sont indissociables et doivent être développés de concert, sans quoi un véritable apprentissage de la pensée historique ne peut avoir lieu. » (Duquette 2011)

L’aspect de la perspective historique rappelle les éléments de la première compétence disciplinaire, c’est-à-dire « Interroger les réalités sociales dans une perspective historique « . Les opérations intellectuelles qui la constituent sont la pertinence historique (Historical signifiance), continuité et changement, l’empathie historique, les causes et les conséquences et la prise en compte de la complexité.

Pour sa part, la démarche historique rappelle dans la deuxième compétence disciplinaire, c’est-à-dire « Interpréter les réalités sociales à l’aide de la méthode historique « . Les opérations intellectuelles sont s’interroger sur un évènement, émettre des hypothèses, interpréter les documents, analyser l’information et proposer des interprétations.

La conscience historique

Trouvez-vous que les définitions de la pensée historique sont variées et discutables? Si oui, je vous préviens, « Il existe, cela a été déjà souligné, un important flou épistémologique entourant le concept de conscience historique » (Duquette 2011). Aujourd’hui, je vous épargne ces différentes interprétations, mais elles ont un point en commun : le présent. Pour les plus courageux, n’ayez crainte, j’y reviendrai lors du prochain article.

La définition de Duquette est la suivante :

« La conscience historique est la compréhension du présent grâce à l’interprétation du passé afin d’envisager le futur« . (Duquette 2011) Elle rajoute aussi ceci:

« la conscience historique n’est pas en soi une pensée critique, mais elle peut le devenir si l’individu prend conscience de sa propre subjectivité vis-à-vis sa compréhension du passé. Cette prise de conscience qui, selon nous, émerge par la pratique de la pensée historique, entraîne un recul réflexif par rapport aux interprétations utilisées pour comprendre le présent. Il semble donc admissible de comprendre la conscience historique comme ayant deux niveaux différents : un niveau premier non-réfléchi et un deuxième niveau réfléchi. » (Duquette 2011).

Effectivement, c’est complexe, mais ici, le mot clé est « subjectivité « . Par exemple, pour moi, lorsque j’aborde un sujet historique, je suis conscient que mes réflexions et mes analyses sont élaborées à l’aide de mes schémas cognitifs qui eux sont ancrés dans mon présent. Plus encore, je suis conscient que ces schémas peuvent être erronés, incomplets, voire inexistants. Je rajouterais même que toutes les interprétations sont relatives, et ce, sans jamais tomber dans relativisme. Pourquoi? Parce que ma conscience historique est suffisamment développée pour comprendre que le caractère relatif d’une situation l’est en raison de sa complexité historique.

C’est ça la conscience historique, mais je dois être honnête avec vous : si j’ai réussi à développer ma conscience historique, c’est-à-dire, la faire passer d’un niveau non-réfléchi à un niveau réfléchi, c’est grâce à la pensée historique et croyez-moi, cette ascension de l’escalier de Penrose dure depuis de très longues années et il semblerait que j’y suis encore pour de nombreuses autres.

À suivre…

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Une réponse à “Le rapport entre la pensée historique et la conscience historique

  1. JFO

    9 décembre 2011 at 09:57

    Très bien comme intro sur le sujet. ce sont les prochains articles qui vont me permettre de comprendre comment l’appliquer en classe. Mais je doute qu’un élève ait le niveau d’empathie et de conscience nécessaire pour y arriver. Leur présent est beaucoup trop important et les conséquences n’ont que très peu d’importance.

     

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