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« Ils n’ont qu’à mettre de l’eau dans leur vin »…

21 Avr

« Doit-on enseigner des sujets controversés en classe d’histoire?» m’a un jour demandé une étudiante en classe. En tant qu’enseignants, nous hésitons parfois à amener des controverses, ces sujets sur lesquels différents groupes sociaux ne s’entendent pas, dans nos classes. Nous savons par expérience que des discussions animées souvent basées sur des émotions plutôt que sur une véritable pensée critique peuvent éclater causant parfois une perte de control autant des élèves que du sujet traité. Alors, pourquoi devrions-nous présenter à nos élèves des controverses? Leur étude est-elle profitable à l’apprentissage de l’histoire?

Enseigner l’histoire et l’éducation à la citoyenneté

L’une des principales raisons pour promouvoir l’emploi de controverses en classe d’histoire est son lien avec l’éducation à la citoyenneté. Si les enseignants évitent soigneusement tout sujet controversé, peut-on vraiment espérer former des citoyens : « […] capables d’une participation sociale ouverte et éclairée, conformément aux principes et aux valeurs démocratiques » ? (MELS, 2007, chap.7, p.1) L’éducation à la citoyenneté ne peut pas, selon moi, être séparée de l’étude des débats retrouvés dans la société. Pour développer la conscience citoyenne, il semble nécessaire que la classe d’histoire se transforme en un endroit où les élèves peuvent débattre de ces enjeux. C’est donc à partir du développement de leur pensée historique que les élèves seront en mesure de prendre du recul face aux controverses afin de parvenir à une compréhension critique des enjeux étudiés. L’histoire peut également les amener à prendre conscience de la complexité de la société dans laquelle ils vivent. Ils réalisent par cette étude que les débats de société sont des questions complexes et que de trouver une solution qui pourra satisfaire tout le monde est une tache presque impossible.

Mais comment faire?

Il n’est pas difficile de constater le rôle intéressant que peuvent jouer les controverses dans l’enseignement de l’histoire et l’éducation à la citoyenneté. Non, le problème relié à cette approche relève plutôt de son application en classe. En effet, il n’existe pas, à notre connaissance, de stratégies pédagogiques dont l’objet est l’apprentissage par les controverses. Les quelques articles qui traitent de ce sujet proviennent presque tous des États-Unis et soulignent surtout les avantages et les difficultés qui y sont liés. Puisqu’il n’existe vraisemblablement pas de méthode précise pour enseigner les controverses, de quelle manière peut-on les introduire en classe afin de promouvoir de réels apprentissages ?

C’est pour répondre à cette question que j’ai entrepris une recherche avec l’aide de l’AQEUS (l’Association Québécoise des Enseignants et Enseignantes en Univers Social) auprès des enseignants du Québec pour tenter d’établir une structure permettant l’enseignement et l’évaluation des controverses en classe d’histoire et d’éducation à la citoyenneté. Ce projet n’est qu’à son tout début et c’est pourquoi j’invite les personnes qui sont intéressées à y participer à me contacter par l’entremise de ce blogue.

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