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Ma vision de l’histoire ou le cheminement qui mène vers la pensée historique

13 Avr

En 2006, lors de ma première session à l’Université de Montréal, ma vision de l’histoire se caractérisait par des cours magistraux de trois heures où un professeur lisait de vieilles notes jaunies. L’objectif était de mémoriser des dates, des acteurs, des événements, des lieux, ainsi que des causes et conséquences et ce, en prévision d’un examen. C’est ce que j’ai défini comme étant de la boulimie historique : je devais ingérer une quantité incroyable de matière pour ensuite la rejeter sur mon examen. Bien sûr, quelque temps après l’examen, j’avais tout oublié.

Lors de ma deuxième année, j’ai continué à mémoriser des pages et des pages de notes de cours, mais j’ai aussi réalisé de nombreux travaux historiques à l’aide de livres qui avaient été élaborés par d’autres historiens. Dans les deux cas, je ne faisais que répéter ce que les autres avaient écrit.

À ma dernière année, les examens étaient secondaires et pour la première fois, j’ai travaillé avec des sources primaires. C’est à ce moment que je suis réellement tombé amoureux avec la discipline historique, mais c’est aussi pendant cette période que j’ai cessé de simplement assister au cours et que j’ai commencé à y participer activement.

Heureusement, j’ai compris que l’histoire n’était pas ce qu’un enseignant pouvait nous raconter pendant trois heures de cours magistral. J’ai découvert que l’histoire était ce que je décidais d’en faire : l’histoire n’était pas une histoire, mais une construction.  Bien sûr, cette construction ne représente pas la « Vérité », car elle d’abord et avant tout une interprétation qui se construit à l’aide de notre perspective culturelle contemporaine qui est bien loin de celle historique.

 

Vers la pensée historique


En 2009, j’ai participé à mon premier cours de didactique à l’Université Laval. Grâce à ce cours, j’ai été capable, et ce, pour la première fois, de verbaliser et de développer plus profondément ma conception de l’histoire en y plaçant le concept de pensée historique.

Pour moi, la pensée historique, ce n’est pas mémoriser des dates, des noms et des événements. Ce n’est pas non plus faire un travail ou un examen de connaissances ou l’écriture d’une question longue. La pensée historique c’est surtout le processus qui m’amène à traverser, à comprendre, à critiquer et à expliquer le fossé qui sépare le présent du passé, et pour moi, l’activité la plus signifiante pour mobiliser cette opération intellectuelle c’est l’empathie historique.

Ce cours de didactique m’a  aussi fait comprendre que l’enseignement universitaire de l’histoire était complètement déconnecté de la réalité pédagogique et didactique de nos écoles secondaires, mais surtout du « Programme de formation de l’école québécoise ». Conséquemment, les futurs enseignants étaient exposés à des cours et des professeurs valorisant la connaissance pour la connaissance et non pas le développement d’une pensée historique. C’est un paradigme plutôt intrigant, car l’école secondaire a changé ces façons d’enseigner aux 20e et 21e siècles alors que l’Université est restée prisonnier de ses vieux modèles qui sont aujourd’hui dépassés. Peut-être pourriez-vous m’éclairer sur ce sujet.

 

Pourquoi l’empathie?

Les émotions sont ancrées très profondément dans notre cerveau. Ainsi, en introduisant l’empathie historique en classe, la distance entre le sujet et l’apprenant est grandement réduite, car il est capable d’associer un sentiment précis ou encore particulier à un évènement historique.

Comme nous le verrons plus tard, la production de l’élève est un document historique, une archive qu’il pourra conserver dans un portfolio. Il peut prendre la forme que l’apprenant ou l’enseignant désire. Le document peut être un texte, comme il peut être une photographie, un journal, un éditorial, une émission de radio ou encore de télévision, une pièce musicale, et, etc. Avec ce type de tâche, il est possible pour un enseignant de suivre la progression de la pensée historique de ses élèves.

Dans les semaines qui viendront, nous allons répondre aux questions suivantes :

–         Qu’est-ce que l’empathie historique?

–         Comment appliquer l’empathie historique?

–         Comment évaluer l’empathie historique ?

–         Est-ce que ça fonctionne l’empathie historique ?

–         S’agit-il seulement de jeux de rôle?

–         Quelles sont les difficultés de l’empathie historique?

Finalement, il vous sera possible de consulter, de faire imprimer et d’utiliser des activités que j’ai moi-même réalisées dans des situations concrètes d’enseignement.

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1 commentaire

Publié par le 13 avril 2011 dans Pensée historique

 

Une réponse à “Ma vision de l’histoire ou le cheminement qui mène vers la pensée historique

  1. Lauzon Yves

    13 avril 2011 at 14:29

    Beau bonhomme, tu deviens philosophe

     

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